Conflits : Ces guerres dont on ne parle pas
Voici un classement des pays en guerre actuellement, selon l’ampleur des catastrophes humanitaires, basé sur les rapports des Nations Unies et d’organisations humanitaires comme le CICR et Médecins Sans Frontières. Ce classement prend en compte les décès, les déplacements, l’insécurité alimentaire, l’accès à l’eau et aux soins médicaux, etcétéra. Nous verrons comment et pourquoi ceux des pays qui déplorent le plus de dégâts sont ceux qui reçoivent moins d’aide humanitaire dans ce « Point Final » très très chiffré (générique !)
Commençons par le classement des pays qui connaissent le plus de :
Catastrophes humanitaires

- Soudan # Sud Soudan
Le pays connaît une guerre civile entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (RSF).Conséquences : plus de 9 millions de déplacés internes et réfugiés dans les pays voisins. Grave insécurité alimentaire, avec plus de 25 millions de personnes dans le besoin. Systèmes de santé et d’infrastructure effondrés, affectant l’accès aux soins et à l’eau potable.
- Yémen
Guerre civile entre les Houthis et le gouvernement, soutenu par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Conséquences : L’une des pires crises humanitaires au monde : 21 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire. Épidémies comme le choléra et famine imminente pour des millions de personnes. Infrastructures sanitaires et éducatives détruites.
- Ukraine
Guerre russo-ukrainienne. Conséquences :Plus de 8 millions de réfugiés à travers l’Europe et 5 millions de déplacés internes.Destruction massive des infrastructures civiles et énergétiques.Urgence humanitaire aggravée par l’hiver et les attaques ciblées sur les civils.
- Syrie
Avant l’arrêt des hostilités en décembre 2024 en la faveur de la prise du pouvoir par les rebelles, cette guerre civile, que le pays connaissait depuis 2011, avait déjà fait plus de 13 millions de déplacés (internes et réfugiés). 90% de la population vit en ce moment sous le seuil de pauvreté. Les infrastructures sont complètement détruites.
- République démocratique du Congo
La RDC connait de multiples conflits armés, notamment dans l’Est (Nord-Kivu et Ituri).Conséquences :Plus de 5 millions de déplacés internes.Violations massives des droits humains, dont des violences sexuelles systématiques. Épidémies de choléra, Ebola, et insécurité alimentaire affectent les populations.
- Palestine (Gaza)
Guerre entre Israël et le Hamas. Conséquences : plus de 15 000 décès en quelques semaines, dont une majorité de civils. Blocus limitant l’accès à l’eau potable, à la nourriture, et aux soins médicaux. Déplacement massif et destruction de 60% des infrastructures à Gaza.
- Afghanistan
Instabilité après la prise de pouvoir des Talibans en 2021.Conséquences : insécurité alimentaire touchant plus de 28 millions de personnes. Droits des femmes et accès aux services de base drastiquement limités. Manque de financement international pour les secours humanitaires.
Ce classement peut varié légèrement selon les méthodologies utilisées par les agences, mais ces pays partagent des indicateurs alarmants de crises prolongées, mettant des millions de vies en danger. Ce qui est déplorable lorsqu’on connait leurs richesses en :
Ressources naturelles

- République démocratique du Congo
La RDC est le plus grand producteur mondial de cobalt, essentiel pour les batteries des véhicules électriques. Si stabilisée, elle pourrait devenir un géant énergétique et agricole.
- Soudan
Réserves de pétrole (bien que réduites après la séparation avec le Soudan du Sud). Or (le Soudan est l’un des principaux producteurs en Afrique). Riches terres agricoles le long du Nil. Potentiel économique : Si un accord politique émerge, le Soudan pourrait redevenir un exportateur clé de produits agricoles et de métaux précieux.
- Syrie
Pétrole et gaz naturel, bien que les réserves soient modestes comparées à d’autres pays du Moyen-Orient.Agriculture fertile dans la vallée de l’Euphrate.Richesses historiques et culturelles favorisant le tourisme (avant la guerre).Potentiel économique :Une reconstruction post-conflit pourrait relancer l’économie grâce au tourisme, à l’agriculture, et à l’énergie.
- Yémen
Pétrole et gaz naturel. Ressources marines et agricoles.Potentiel économique :Un retour à la paix permettrait d’exploiter les ressources énergétiques et de revitaliser les échanges maritimes grâce à la position stratégique du Yémen au détroit de Bab el-Mandeb.
- Afghanistan
Réserves inexploitées de lithium, fer, cuivre, or, et terres rares, estimées à plusieurs milliers de milliards de dollars. Agriculture traditionnelle (amandes, pistaches, safran).Potentiel économique :Stabilisé, l’Afghanistan pourrait devenir un acteur clé dans la transition énergétique grâce à ses métaux rares.
- Ukraine
L’une des régions agricoles les plus fertiles au monde (céréales, huile de tournesol).Réserves significatives de charbon, gaz, uranium, et métaux rares.Potentiel économique :Déjà un leader dans l’exportation de céréales, la reconstruction pourrait renforcer ses secteurs agricoles et énergétiques.
- Palestine
Gaz naturel offshore (gisement de Gaza Marine).Potentiel agricole dans certaines régions fertiles.Potentiel économique :Si stabilisé, le gaz offshore pourrait fournir une base énergétique et des revenus significatifs.
Bien que ces pays soient riches en ressources naturelles, leurs conflits, corruption, et absence d’infrastructures adéquates freinent leur développement économique. Une stabilisation politique et des investissements internationaux seraient essentiels pour exploiter leurs potentiels économiques. La question nous viendrait naturellement à savoir : pourquoi ces pays ne sont-ils pas aidés alors que de tels potentiels économiques garantiraient le remboursement des dettes ? Ce ne sont pas les aides qui manquent, elles sont juste très insuffisantes au regard des besoins des pays touchés, mais surtout à :
Géographie variable
Pour les besoins de cet article, ne prenons que trois pays sur les sept qui figurent sur les deux listes.

- Ukraine
84 milliards € bilan d’aide pour la guerre en Ukraine depuis l’invasion Russe jusqu’en été 2024, par les États-Unis et 44 $ milliards d’euros pour l’Union Européenne pour la même période.
Total : 128 milliards $ (hormis le programme de soutien de 50 milliards € supplémentaires pour l’Ukraine, inclus dans une rallonge du budget de l’UE jusqu’en 2027).
- Soudan, Sud Soudan
En termes de pays, les États-Unis sont les principaux donateurs d’aide humanitaire pour le Soudan, avec une annonce en septembre 2024 d’une aide supplémentaire de 424 millions de dollars, tandis que l’Union Européenne a alloué 128 millions d’euros d’aide humanitaire au Soudan en 2023, et annoncé l’octroie de 117 millions d’euros supplémentaires pour 2024 visant à répondre aux besoins urgents des populations affectées par le conflit.
Total : 300,45 millions €
- République démocratique du Congo
En août 2024, les États-Unis ont annoncé un montant de 424 millions $ d’aide au Congo tandis que L’Union européenne, la même année, a alloué 63,75 millions d’euros d’aide humanitaire pour répondre aux besoins immédiats des populations vulnérables pour le même pays, notamment dans l’est où le conflit persiste.
Total : 427,75 millions €
Sortons les calculettes
Le ratio est vite fait : l’Ukraine, à elle seule, qui fait pourtant moins de victimes sur le tableau, cumule plus d’aide que les autres pays de la liste réunis. Tandis que, pour faire face au risque d’«insécurité alimentaire et catastrophique», ainsi sauver cinq millions de personnes, le Soudan n’a besoin que de 2,7 milliards de dollars.

Pourquoi ce manque de parité ?
Cela dépend de beaucoup de facteurs qu’un article ne suffirait pas à lister, alors faisons simple : Les principaux facteurs sont économiques et géopolitiques. Le Soudan aurait la même position géographique et la qualité de gouvernance de l’Ukraine qu’il bénéficierait de la même mobilisation de la communauté internationale et des médias. Si si : la communication devient une arme en temps de guerre. La propagande se fait par la diaspora et les antagonistes. Toute une stratégie qui passe par les réseaux sociaux, les Web Médias et les médias traditionnels, les célébrités, la société civile, les Influenceurs, les Hommes d’affaires, les Hommes politiques etcetera.
On la vue : les États-Unis sont les plus grands donateurs des pays en conflits suivis, bien sûr, de la communauté internationale, qu’être en conflit avec un bon potentiel économique n’est forcément pas Le critère qui ferait pencher la balance des aides humanitaires de son côté, les enjeux sont certes économiques, mais plus d’ordre géopolitiques.
Il ne pleut pas des cordes d’aides dans des conflits qui perdurent. Les pays riches ne viennent en aide qu’à ceux qui sont bien gouvernés. Parce qu’ils savent qu’une bonne gouvernance est un gage de stabilité, et la stabilité entraîne des remboursements des dettes et les bénéfices qui vont avec.
Faut pas se leurrer, la politique, c’est à la guerre comme à la guerre : il n’y a pas de sentiment, tout n’est qu’intérêts. Point Final !